PID_$1587017$_f589d0b2-00c3-11e2-9d2c-53663d556886_webLa bière, reconnue récemment au titre de chef-d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, occupe depuis toujours une place importante dans la vie des namurois: un acte de l’année 1608 atteste que les cervoises de Namur « sont douées d’une bonté tant rare et singulière, qu’elles se transportent chaque an, en bien grande quantité, par eau et par terre, fort avant vers la France ».

En 1388, un octroi, promulgué par Guillaume 1er, Comte de Namur, permit aux brasseurs de brasser n’importe quelle bière sur son territoire. Ceux-ci s’empressèrent de quitter la « Neuveville », faubourg situé à l’extérieur de Namur, et de s’installer dans la rue des Vifs.

On raconte aussi que ce serait au 14ième siècle, lors de la peste de 1349, que la rue prit le nom de « rue des Vifs », ses habitants ayant miraculeusement survécu à cette épidémie. Les un disent que ce sont les odeurs de bières, d’autres la dévotion du quartier pour Saint-Roch, invoqué contre ce fléau, qui auraient permis aux habitants de la rue d’être épargné par la peste. Il est vrai que l’eau utilisé par les brasseries, pour leurs bières, subit une forte chauffe, détruisant toutes bactéries nuisibles à la santé de l’homme.

Un recensement des provisions, dont disposaient les habitants de Namur, datant de 1577 et effectué par Don Juan d’Autriche lors de l’invasion espagnole, nous indique l’existence de quinze brasseurs dans la rue des Vifs. Vous l’aurez compris, la rue des Vifs est devenu la rue des Brasseurs.

namur_citadelle

Namur-dJoseph-et-Franswe-2006-08-20-Namur-017Entre le 14ième et le 15ième siècle, on mentionnait 4 sortes de bières à Namur, « la Houppe, la Thibut, la Cervoise forte et la Cervoise faible ». Au 16ième siècle, trois bières coexistent, « la Houppe, la Keute et la Keute forte ». A partie de 1535, la Houppe disparait pour laisser place aux deux autres bières, qui prendront de plus en plus d’importance, mais seul subsistera la Keute forte, après 1577. Le 16ième siècle voit une augmentation de la production de bières à Namur. Elle passe de 11.138 à 26.656 tonnes ( ?) entre 1502 et 1602. A cette époque, la production de bières est influencée par les épidémies, disettes, guerres et catastrophes naturelles. La consommation par habitant était de 250 litres.

Déjà au 14ième siècle, on brassait de la Houppe à Namur, ainsi qu’il en ressort une ordonnance de Guillaume 1er, comte de Namur, du 16 juin 1388, où cette bière est qualifiée de « forte cervoise ».

 

(Extraits du site web de Mr Vermeren  http://users.skynet.be/artemisia/sommairebrasseur.htm)